La Violette :)

 

Précédent :) Accueil :) Sommaire :) Cliquer pour nous écrire :)

 

 

 

 

La Violette est une petite fleur romantique, chargée de douceur et de séduction.

On la trouve dans les sous-bois, en bordure des chemins, les parcs et jardins. Son parfum est unique. Depuis l'Antiquité, la Violette est utilisée pour son parfum, sa beauté et ses bienfaits. Elle a inspiré les musiciens, les écrivains, les peintres, les parfumeurs et les créateurs.

La Violette est présente dans la maison depuis la Renaissance au travers des couturiers et des peintres. Aujourd'hui, elle vous est proposée pour orner ou parfumer votre maison. Vous pouvez aussi la consommer.

 

La Violette Parme de Toulouse est très différente de la violette commune par sa couleur bleutée et par le nombre important de ses pétales. La Violette Parme de Toulouse n'est pas une invention toulousaine, sa renommée a été sans cesse entretenue et remise en scène par les producteurs passionnés, des ingénieurs agricoles et par les amis de cette fleur.

C'est sans doute la raison pour laquelle aujourd'hui cette violette chargée d'histoire, de symboles et de travail de groupe est devenue la fleur emblématique de Toulouse.

La violette de Toulouse se présente sous la forme d'une rosette herbacée vivace. Les feuilles sont cordiformes, luisantes. La plante porte de nombreux stolons, servant à sa propagation.

On compte de 40 à 50 pétales, mauves pâles, blancs dans le tiers inférieur. Comme toutes les espèces du genre Viola, la Violette de Toulouse a deux types de fleurs :

 

bullet

Les fleurs cléistogames, petites et ne s'ouvrant pas, présentes sur les pieds en été. Chez les autres violettes ces fleurs donnent les graines, grâce à l'autofécondation. La Violette de Toulouse n'en produit pas, elle est totalement stérile. En fin de période de floraison, du pollen apparaît parfois. Quelques ovaires sont parfois repérés.

bullet

Les fleurs chasmogames, doubles et parfumées, sont celles qui sont récoltées d'octobre à mars.

 

La production de la Violette est en pleine apogée au début du siècle. En 1907, se crée le premier syndicat des producteurs de Violettes, puis en 1908, la première coopérative. On décomptera près de 600 producteurs en 1950. 

Les premiers écrits situent les débuts de la culture de la Violette de Toulouse dans les années 1850, soit il y a près de 150 ans. Auparavant, on note dans les flores locales l'existence de Violettes à fleurs doubles dans les jardins, sans que l'on soit bien sûr qu'il s'agisse de notre Violette.

Ce qui est certain, c'est que cette culture devient la spécialité des maraîchers.

Elle s'inscrit bien dans les rotations de cultures légumières et permettait un appoint de revenus sur la période hivernale.

A l'origine, la Violette de Toulouse était cultivée dans une petite région de 20 km sur 10 km environ située au nord de la ville. Six communes sont concernées par cette activité : Lalande, Launaguet, Aucamville, Castelginest, Saint Jory et Saint Alban.

Le cycle de culture traditionnel est très long.

Il s'étend sur une année et demi. De plus, la culture de la Violette demande énormément de main-d'œuvre :

 

bullet

Au mois de septembre, les stolons sont prélevés sur une culture en place. Ils sont ensuite mis en terre sous châssis. Là, ils s'enracineront et procureront du plant neuf pour la prochaine plantation.

bullet

La plantation a lieu en avril-mai. La culture est arrosée et désherbée manuellement tout l'été.

bullet

Au mois de juillet, les violettes sont fauchées. Cette opération impose à la plante un repos végétatif et lui permet de passer les fortes chaleurs tout en évitant les problèmes d'acariens, fréquents à cette époque. Le fauchage permettait un approvisionnement supplémentaire en feuilles pour les industries de la parfumerie, abandonné de nos jours. (L'autre période d'approvisionnement se situait à l'arrachage de la plantation ).

bullet

En août-septembre, les stolons sont arrachés. Ceci permet à la plante de conserver toute sa vigueur pour la floraison. Traditionnellement, la culture était paillée avec des cordons de fumier de cheval pour permettre aux fleurs de ne pas être souillées au contact du sol. En se décomposant, le fumier permettait le réchauffement des plantes pendant l'hiver.

bullet

En septembre, on commence à placer les briques des châssis. A partir des années 1975, on utilisera un petit tunnel plastique.

bullet

D'octobre à mars, c'est la cueillette. Les fleurs abîmées ou équeutées partent vers l'industrie de la cristallisation.

Les bouquets sont confectionnés le soir, à la veillée. Ils sont vendus au poids.

 

Aujourd'hui, ils sont une douzaine qui participent activement à la relance de la Violette Parme de Toulouse. Ces Violettes étaient vendues en bouquets sur les marchés ou dans les kiosques. Ils sont aussi expédiés en nombre vers Paris et dans toute l'Europe.

En 1956, du fait d'un hiver très froid, la production s'étiole. Les méthodes de culture pénibles (la Violette était cultivée en pleine terre) nécessitent de très nombreuses heures de travail. La

 

Plusieurs raisons permettent aussi d'expliquer cette régression :

 

bullet

Le développement des techniques de culture sous plastiques puis sous verre a permis de proposer, durant la période hivernale, de nombreuses autres fleurs, concurrençant ainsi la violette qui était jusqu'alors la seule fleur disponible en hiver.

bullet

Les exploitations étaient vieillissantes, le travail, pénible et fastidieux. Les jeunes étaient attirés par d'autres activités. Les travaux ne peuvent pas être envisagés sans l'aide d'une main d'œuvre familiale.

bullet

Beaucoup d'exploitations se sont vues expropriées face au développement de la ville proche et de ses axes routiers ( Aujourd'hui, l'autoroute traverse ce qui fût le cœur de la zone de production de la Violette de Toulouse ).

bullet

Multipliée par bouturage depuis de si nombreuses années, la Violette de Toulouse a fini par dégénérer. La culture est devenue de plus en plus délicate tandis que la plante devenait de plus en plus sensible aux maladies.

 

En 1985, horticulteurs et ingénieurs agronomes se mobilisent pour relancer la Violette Parme de Toulouse.

La première urgence va vers la création d'un conservatoire de plantes, prélevées chez les

Les besoins nutritifs sont mesurés. Une méthode de fertilisation est mise au point. Par la suite, la plante est testée en conditions de culture hors-sol, en pots ou sur tablettes, pour lui permettre de s'affranchir des problèmes de maladies transmises par le sol.

Les problèmes sanitaires sont recensés et des méthodes de lutte sont proposées.

En 1990, la culture in vitro est au point. Ce n'est que 2 ans plus tard, en 1992, que pourront être cultivés en quantité significative les premiers plants régénérés. Les résultats sont encourageants. Les plants sont plus résistants et plus productifs.

Les travaux se poursuivent vers l'amélioration des techniques de culture, la possibilité de raccourcir le cycle de végétation, l'amélioration du plant, les moyens de limiter la quantité de stolons, l'emballage, la commercialisation, etc...

 

Aujourd'hui, elle est principalement cultivée sur des tablettes (abritées dans une serre) à hauteur d'hommes, ce qui rend les soins quotidiens moins pénibles mais minutieux, ce qui justifie le prix de cette fleur.

 

Les dérivés de la Violette :)La violette intéresse de nouveaux secteurs. Restaurateurs, pâtissiers rivalisent d'originalité

De même, de nouvelles créations artisanales voient je jour....

L'appellation " Violette de Toulouse " est une marque déposée sous laquelle sont commercialisés les potées fleuries et les bouquets.

Chaque année, est organisée en février la Fête de la Violette.